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A la une Blogueurs en colère

100% Cinéma continue:
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Voici le message de Mymp que je relaie suite à de nombreux problèmes avec l'interface d'Allocine, tout comme de nombreux autres blogeurs...


Depuis des mois, éditer un article sur l’interface d’Allociné devient un exercice de plus en plus difficile et compliqué. Entre les temps d’attente interminables, les surcharges de connexion, les outils graphiques qui ne fonctionnent pas, la limite de stockage ridicule, Allociné nous offre un éventail complet de désagréments et d’énervements qui donnent envie d’aller voir ailleurs (en à peine une semaine, 4 blogueurs, et pas des moindres, sont partis vers de meilleurs horizons).
C’est pourquoi, dans la mesure où d’autres blogueurs désirent s’associer à ce ras-le-bol général, déjà relayé sur pas mal d’autres blogs, je vous invite à exprimer ici votre mécontentement ou à recopier cet article sur votre blog (et ainsi de suite), espérant peut-être faire comprendre aux hautes instances d’Allociné que cela ne sert à rien de jouer la sourde oreille ou de préférer la politique de l’autruche. Et leur faire admettre, surtout, qu’il faut réellement améliorer l’interface (peut-être prévu avec le lancement prochain de la nouvelle version du site) déficiente et presque obsolète qui tient lieu aujourd’hui de pauvre système d’édition.
Nous participons, dans une certaine mesure, à la renommée et à l’efficacité d’Allociné (sans parler des retombées publicitaires), il serait bien alors que notre hébergeur prenne enfin en compte nos revendications et nos contrariétés, et arrête de nous traiter comme des vaches à lait à qui l’on ne doit absolument rien.

 
A la une Bienvenue sur 100% Cinéma

    

Derrière l’indétrônable Inglourious Basterds de Tarantino, que des films témoignant de la diversité du cinéma français : Non ma fille, tu n’iras pas danser, magnifique film de Christophe Honoré avec l’excellente Chiara Mastroiani ; Un Prophète, qui, s’il n’est pas le meilleur film d’Audiard, reste un très grand film noir ; l’original Les Derniers jours du monde, meilleur film des frères Larrieu ; et Rien de personnel, un très bon premier film de Mathias Gokalp sur le monde du travail.

LES CRITIQUES DES FILMS EN SALLES
 

    

Sur 100% Cinéma :

>  Introduction du cycle
>  Critique de
Reservoir Dogs
>  Critique de Inglourious Basterds

Sur Le Temps du Cinéma :

>  Avis partagés sur Inglourious Basterds : POURCONTRE
> Ma critique de Reservoir Dogs

 
Hôtel Woodstock, réalisé par Ang Lee

Universal Pictures International FranceSELECTION OFFICIELLE FESTIVAL DE CANNES 2009 – EN COMPETITION

Alors que le légendaire festival de Woodstock fête cette année son quarantième anniversaire, il paraissait évident qu’un film revienne sur le sujet. Que ce soit Ang Lee (Le Secret de Brokeback Mountain ; Lust Caution) qui s’y colle est d’abord surprenant, mais le film qui l’en tire s’inscrit facilement dans la continuité de son travail : au film commémoratif, le cinéaste chinois préfère la petite histoire. Hôtel Woodstock se focalise ainsi sur la famille Teichberg (qui va rénover son motel pour pouvoir accueillir les nombreux festivaliers) et plus précisément sur Elliot, le fils, qui va découvrir/assumer son homosexualité avec la venue d’une nouvelle génération aspirant à changer le monde. C’est donc une Amérique en mutation, à laquelle les transformations matérielles du village font écho, que s’attache à décrire Ang Lee avec la rencontre entre ces habitants d’une petite ville isolée avec des jeunes  rêvant de paix, d’amour et de musique.

Hôtel Woodstock préfère l’anecdote, le film est léger et d’autant plus superficiel qu’il est paresseusement mis en scène. Quelques split-screen décoratifs et pénibles s’alternent avec d’autres plans plutôt moches ; l’ensemble paraît alors figé ou trop sage. S’il aurait pu se reposer sur des personnages quelque peu décalés et sympathique pour proposer des séquences plus originales et surtout plus divertissantes, Hôtel Woodstock est finalement banal et creux (seule la savoureuse prestation d’Imelda Staunton apporte un peu de folie au projet). C’est un film mineur dans le sens le plus négatif du terme.

9/20

 
Hôtel Woodstock - ma note pour ce film :
Réalisé par Ang Lee
Avec Emile Hirsch, Demetri Martin, Liev Schreiber, ...
Année de production : 2009
(500) jours ensemble, réalisé par Marc Webb

Twentieth Century Fox FranceOn ne va pas le cacher : depuis Little Miss Sunshine, le label « film américain indépendant » est certes à la mode mais trop souvent octroyé à des films fades et sans inventivité. Présenté aux festivals de Sundance et Deauville (passages obligés), (500) jours ensemble est une excellente surprise, une comédie romantique amusante et émouvante portée par d’ingénieuses trouvailles de mise en scène. Le film se présente d’emblée comme « l’histoire d’un garçon qui raconte une fille » et a la bonne idée de ne jamais tomber dans le schéma facile et usé de la comédie romantique à l’américaine. Tom, employé dans une entreprise concevant des cartes de vœux, tombe amoureux de Summer, une nouvelle assistante. Marc Webb opte pour une narration éclatée, retenant des fragments de ces 500 jours passés ensemble introduits par la période à laquelle ils se reportent.

Le film multiplie les saynètes originales (une visite à IKEA, une chorégraphie improvisée dans la rue, la reprise de séquences célèbres retournées – dont la partie d’échecs du Septième Sceau) tout en restant cohérent et se laisse porter par une jolie bande-originale. (500) jours ensemble confronte les moments de bonheur et ceux de déprime en allant et venant dans le temps : le montage est très habile et rend même le film ludique, tout comme l’inventivité de la réalisation (très bonne utilisation du split-screen). Quant à Joseph Grodon-Levitt et Zooey Deschannel, ils trouvent la naïveté et l’innocence nécessaire pour incarner leurs personnages de jeunes adultes amoureux. Le duo fonctionne à merveille, et est à l’image du film, qui trouve le parfait équilibre entre sérieux (du sujet abordé) et légèreté (de ton), et se fait aussi convaincant lors des séquences de comédie, réellement drôles, que dans les moments de tendresse, provoquant une émotion sincère.

14,5/20

 
(500) jours ensemble - ma note pour ce film :
Réalisé par Marc Webb
Avec Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, Clark Gregg, ...
Année de production : 2007
The Informant!, réalisé par Steven Soderbergh

Warner Bros. FranceAvec chacun de ses films, Steven Soderbergh aime être là où on ne l’attend pas. En 2009, il y a eu le diptyque Che, le très expérimental Girlfriend Experience (son meilleur film cette année), et maintenant une comédie d’espionnage se situant quelque part entre Erin Brokovich pour son héros s’attaquant à une multinationale et Ocean’s Eleven pour son ton décontracté. D’emblée, The Informant ! refuse de jouer la carte de la reconstitution fidèle d’un fait divers : s’il reconnaît s’inspirer d’une histoire vraie, Soderbergh, dans son carton d’ouverture, amuse en affirmant que ses personnages ont été synthétisés et les dialogues réécrits (soit ce que fait n’importe quelle fiction cinématographique). Il opte ainsi immédiatement pour un traitement léger et drôle, qui n’est pas sans évoquer une autre comédie d’espionnage récente, Burn After Reading.

Or, si le film des frères Coen plaisait par son décalage et son humour corrosif, celui de Steven Soderbergh semble trop hésitant. The Informant ! n’est pas spécialement hilarant malgré une mise en scène volontairement très kitsch (décors, photographie, look des personnages, et police des cartons) et en contrepoint de la reproduction de la société américaine des années 1990 qu’un tel fait divers aurait pu impliquer. En même temps, le film n’a pas de visée politique ou instructive, puisque le fait divers n’est jamais développé : il est question d’un salarié d’une société d’agroalimentaire qui va collaborer avec le FBI pour dénoncer les magouilles de ceux qui l’emploient, fixant des tarifs avec leurs concurrents. Ce qui intéresse le réalisateur n’est pas cette histoire (les séquences qui lui donneraient une certaine profondeur sont tues, le personnage principal prenant alors en charge la narration avec des remarques personnelles et anodines), c’est son personnage.

Mark Whitacre est un mythomane qui espère tirer son épingle du jeu, un usurpateur qui dans l’ombre détourne des millions de dollars. Ce type de personnage a déjà intéressé d’autres cinéastes américains (qui les ont traités sensiblement de la même manière que Soderbergh ici), de Steven Spielberg avec Arrête-moi si tu peux et son escroc prenant diverses identités, à Faussaire, portrait d’un homme ayant écrit une fausse biographie de Howard Hugues. Comme ses prédécesseurs, Soderbergh rend son héros sympathique et fait de sa personnalité contrariée le cœur de son film. Pour l’incarner, il fait appel à Matt Damon. L’acteur est très convaincant dans ce rôle : rien d’étonnant puisqu’il a déjà joué les caméléons grâce à son physique passe-partout. Dans Le talentueux Mr. Ripley il était un étudiant qui s’inventait une nouvelle vie en se faisant passer pour un autre, dans Les Infiltrés de Martin Scorsese il était un truand déguisé en flic… Autant dire que Damon connaît par cœur ces personnages menant une double vie, et, en fin de compte, The Informant ! n’apporte pas grand-chose de neuf ni ne s’impose comme un agréable divertissement.

9/20

 
The Informant ! - ma note pour ce film :
Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Matt Damon, Scott Bakula, Joel McHale, ...
Année de production : 2009
Le Dernier pour la route, réalisé par Philippe Godeau

Wild Bunch DistributionElle est longue et sinueuse la route que devra suivre Hervé pour sortir de son alcoolisme chronique... Philippe Godeau le suit à partir de son entrée dans un centre de désintoxication, où le tutoiement est de rigueur et où d’anciens alcooliques sont chargés d’aider les nouveaux arrivants dans leur thérapie. La démarche du réalisateur n’est pas de dépeindre la progressive descente aux enfers d’un homme noyant un quelconque traumatisme dans l’alcool mais plutôt de s’intéresser à son cheminement pour se départir de son addiction. Dès lors, il pose majoritairement sa caméra dans une clinique où il analyse les techniques mises en place pour parvenir à une guérison jamais définitive. Le Dernier pour la route frappe par sa justesse et sa sobriété (sans mauvais jeu de mot) en approchant de manière très documentée un sujet encore sensible, fort heureusement ici abordé frontalement et sans dramatisation excessive. Le film est intéressant, prenant même, bien que les histoires annexes (avec le personnage de Magalie par exemple), indispensables pour rendre le film plus cohérent et plus facilement recevable, soient anecdotiques et attendues.

Lorsque l’on s’attaque avec autant de courage à un sujet si risqué et qu’on l’appréhende essentiellement à travers le parcours d’un seul homme, il faut un acteur capable d’endosser un tel rôle. François Cluzet, avec une interprétation pudique et touchante, est celui-ci : privant d’abord son personnage de toute expression par son regard vide, il en fait un corps à la dérive qui va petit à petit retrouver des traits humains. Son travail d’acteur est remarquable, tout comme celui des seconds rôles, bien choisis (la géniale Anne Consigny, Michel Vuillermoz, Mélanie Thierry…). Néanmoins, même si l’entreprise est satisfaisante, le film n’est pas dépourvu de maladresses, dans ses flashbacks principalement (utilisation un peu convenue et maladroite de la caméra à l’épaule lorsque le personnage se réfugie dans l’alcool…) ainsi que dans sa conclusion, trop étirée et soulignant grossièrement que la victoire sur l’alcool n’est jamais acquise. Il manque indéniablement une vraie mise en scène de cinéma pour que Le Dernier pour la route soit plus qu’un téléfilm de luxe.

11,5/20

 
Le Dernier pour la route - ma note pour ce film :
Réalisé par Philippe Godeau
Avec François Cluzet, Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz, ...
Année de production : 2009
Rien de personnel, réalisé par Mathias Gokalp

Rezo FilmsQue ce soit dans des drames ou des comédies (trop souvent anecdotiques : Fair Play, Notre univers impitoyable et récemment Le Coach), le monde du travail est le nouveau cadre privilégié par le cinéma français. Pour son premier film, Mathias Gokalp ne choisit donc pas un sujet inédit, mais sa construction est suffisamment habile et porteuse de sens pour convaincre. Rien de personnel se joue exclusivement dans un luxueux château où les cadres d’une entreprise pharmaceutique ont été conviés. Au cours d’une soirée, un cocktail ordinaire se meut en exercice de coaching sans limite destiné à éliminer le personnel le moins performant avant le rachat de la société. Mathias Gokalp a la bonne idée de ne pas quitter son décor (les inutiles flashbacks pour introduire les personnages sont même évités) : il préfère suivre cette soirée selon divers points de vue qui se succèdent impeccablement.

Plutôt que de taire ses intentions jusqu’à un twist final, Mathias Gokalp égrène les informations tout au long du film et multiplie les rebondissements : Rien de personnel trouve ainsi rapidement son rythme et ne cesse d’exhiber l’artificialité de la microsociété dépeinte. Il offre à ses interprètes (Jean-Pierre Darroussin, Denis Podalydès, Mélanie Doutey, Zabou Breitman, Pascal Gregorry, tous excellents) des personnages intéressants qui, en interne, se fabriquent des masques pour réussir le casting. Les parallèles avec le paradoxe du comédien sont nombreux, notamment dans l’utilisation de l’espace opposant à la scène (la salle de réception) les coulisses (les toilettes, où chacun est saisi dans son costume du quotidien, avec ses travers et ses faiblesses).

Outre la démonstration des traditionnelles manipulations et oppressions au travail, et de l’obligatoire construction de personnages pour être accepté dans son univers professionnel, Rien de personnel est le portrait d’une époque où l’apparence prime sur la personnalité. Que l’on soit patron ou salarié, c’est le costume qui compte (et ce n’est pas un hasard si la séquence dans laquelle Bruno (Darroussin) prépare son entrée en scène revient telle un leitmotiv) : il n’y a plus d’autre signe distinguant les personnages les uns des autres. Maîtrisant parfaitement sa démonstration et sa construction alambiquée mais toujours cohérente, Mathias Gokalp s’impose un cinéaste à suivre.

14/20

 
Rien de personnel - ma note pour ce film :
Réalisé par Mathias Gokalp
Avec Jean-Pierre Darroussin, Denis Podalydès, Mélanie Doutey, ...
Année de production : 2008
La Proposition, réalisé par Anne Fletcher

Walt Disney Studios Motion Pictures FranceAlors que Margaret, une directrice littéraire tyrannique, est menacée d’être renvoyée au Canada, son visa venant d’expirer, elle force Andrew, son assistant, à devenir son époux. Voici le postulat de cette comédie romantique ordinaire, réalisée sans originalité et avec paresse par Anne Fletcher (27 Robes). Faute de mieux, La Proposition se repose sur son duo d’acteurs, Sandra Bullock (convaincante) et Ryan Reynolds (trop fade). Pendant quelques temps, le film fonctionne, Bullock prenant plaisir à incarner une garce et Reynolds son brave bras-droit. Or, pour que les services de l’immigration croient en leur histoire d’amour, Margaret et Andrew s’envolent pour l’Alaska, retrouver la famille de ce dernier pour les soixante-dix ans de la grand-mère. Si quelques (trop rares) fois, La Proposition réussit à faire sourire, le film se fait de plus en plus affligeant lorsqu’Anne Fletcher essaie de lui donner un peu de consistance.

Alors que le faux couple arrive en Alaska, une histoire de famille (relation père-fils, dépourvue d’intérêt parce qu’élaborée seulement à partir de clichés) vient se greffer au premier sujet, avant un dénouement des plus convenus : la méchante directrice solitaire va se découvrir un grand cœur au contact de l’envahissante mais chaleureuse famille de son faux (mais bien sûr futur) mari. Là pleuvent les bons sentiments dans des séquences pénibles s’étirant à l’infini. Alors La proposition apparaît comme une énième romance hollywoodienne formatée ayant dépassé sa date de péremption.

8/20

 
La Proposition - ma note pour ce film :
Réalisé par Anne Fletcher
Avec Sandra Bullock, Ryan Reynolds, Betty White, ...
Année de production : 2009
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